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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 16:57

      A Chau Doc, une petite ville vietnamienne située dans le delta du Mékong, quelques agences proposent un forfait de transport permettant de rejoindre la cité balnéaire de Sihanoukville au Cambodge. Bien que l’aventure transfrontalière en solitaires nous tentait, la date d’expiration de nos visas nous a contraints à opter pour la sécurité de cette formule.

 

    Le lendemain à 9h00 un taxi venait nous chercher à l’auberge. Nous commencions à ressusciter grâce à la clim’ de la berline confortable quand le chauffeur s’est arrêté pour nous déposer moins de cinq cents mètres plus loin. Devant un autre hôtel, nous avons attendu quelques minutes avant qu’une camionnette plus rustique nous emmène jusqu’à la gare routière de la ville. Comme très souvent en Asie, le minibus collectif n’a démarré qu’une fois plein à craquer. Pour faire passer le temps, vous avez le choix entre fondre sur les sièges en sky et/ou mijoter dans votre bain de sueur.

Tout au long du trajet un rabatteur accompagne le chauffeur. Il est chargé d’hurler la destination du bus à toutes les intersections pour recruter d’autres sardines. Il s’occupe aussi de la distribution des colis qui sont jetés avec une telle habileté devant les maisons que le bus ne prend pas la peine de s’arrêter. Encore plus surprenant, la télécommunication embarquée fait aussi partie de ses attributions. Pendant le trajet son téléphone a sonné, l’appel nous était destiné!

Au bout du fil, un agent de voyage nous expliquait qu’un véhicule de transfert nous attendrait sur la route avant le terminus …

Au cours du trajet, nous avons croisé plusieurs véhicules accidentés sur le bas côté. C’est étrange, mais ça a fait sourire tout le bus et c’est comme ça depuis la Chine.

 

     Après de longs moments d’attente passive sous une chaleur accablante puis quelques bakchichs douaniers, nous sommes arrivés en début de nuit à Sihanoukville. Douze heures de voyage pour parcourir à peine trois cents kilomètres en changeant sept fois de véhicules ; un record dont on se serait bien passés.

Nos deux semaines sur la côte nous ont permis de nous imprégner en douceur de la culture cambodgienne. A Sihanoukville, les quelques hôtels luxueux qui trônent fièrement sur la mer de Chine ne suffisent pas à masquer le dénuement de la population khmère. D’ailleurs, dès le passage de la frontière la rupture sociale avec le Vietnam est sensible. Dans un paysage désertique à l’infini complètement ravagé par la déforestation, les vaches à bosse squelettiques errent sur les chemins poussiéreux bordant les maisons en bois aux occupants tristement désœuvrés.

Dans la cité balnéaire, certains essayent de reproduire le schéma qui a fait le succès touristique de la Thaïlande et déjà les « bars à filles » occupent en masse le quartier routard. Après quelques jours de baignade et de farniente sur les plages, nous avions besoin de changer d’air.

 

      A cent kilomètres de la côte, la ville de Kampot respire la simplicité. Elle est connue dans tout le pays grâce à son poivre, il est si doux qu’on le déguste en gousses entières. Assister au départ des pécheurs quittant le port de la rivière Stung Sanke au crépuscule est un spectacle apaisant. Et puis, il y a les traces laissées par le protectorat français. Pas uniquement les stigmates d’une architecture coloniale souvent décrépie, mais plutôt un esprit, une philosophie solidement ancrée dans les habitudes des khmers. Certains d’entre eux parlent parfaitement le français et l’utilisation de la langue de Voltaire est une marque de raffinement très respectée.

 

     En quelques jours, nous étions conquis par l’élégance subtile du peuple khmer. Ce pays en reconstruction sur les braises des atrocités perpétrées par les khmers rouges est terriblement attachant. Au Cambodge, la richesse ne se voit pas, elle se devine à travers les sourires de ses habitants. 

 

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Published by Clémentine et Thomas - dans Cambodge
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