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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 14:17

                Au Cambodge la misère est partout, même si quelques résidences luxueuses de la capitale flanquées de leurs 4X4 font illusion un instant, on ne compte plus les enfants en guenilles ou les mutilés de guerre faisant la manche à chaque coin de rue. Ce pays situé au cœur de la péninsule indochinoise aurait pu profiter de sa place pour s’enrichir des échanges commerciaux. Au contraire, cette situation enviée par ses voisins, notamment la Thaïlande et le Vietnam, a été à l’origine de nombreux conflits qui ont affaibli le pays considérablement. Puis, il y a eu la guerre civile de 1975, orchestrée par l’infâme Pol Pot à la tête des génocidaires Khmers rouges. En trois ans, le pays a perdu un quart de sa population et la majorité de ses élites. Difficile de reconstruire un pays meurtri par un génocide alors que certains bourreaux de l’époque ont troqué leurs bleus contre des costumes de hauts fonctionnaires. Aujourd’hui, le Cambodge est un pays à terre, gangréné jusqu’à la moelle par la corruption.

Pourtant, le royaume Khmer a connu des heures meilleures. Dix siècles plutôt, des cités gigantesques faites de palais luxueux et de temples raffinés ont étés érigées à l’Ouest du pays. Les vestiges de ces édifices sont communément appelés « Temples d’Angkor » en référence à leur chef de file le majestueux « Angkor Vat ». Redécouverts au dix neuvième siècle par des français, ces joyaux de l’architecture khmère reprennent forme grâce, entre autres, aux travaux de l’Ecole Française d’Extrême Orient.

 

           Accompagnés de Bérénice, une jeune canadienne de Toronto, nous avons arpenté les principaux temples du site pendant trois jours.

Il faut décoller très tôt pour espérer voir le lever du soleil sur les cinq tours d’Angkor Vat puis jouer des coudes pour se faire une place autour de l’étang du palais, mais le spectacle est au rendez-vous. Au cours des siècles, les rois ont façonné ces temples à leurs images, au grès de leurs croyances. Dans ces cités, les lieux de vie et de culte sont confondus. Les représentations les plus anciennes sont hindous, mais les bouddhas les ont remplacés peu à peu. Le mystérieux temple du Bayon en est le meilleur exemple. Etonnamment, les deux religions peuvent cohabiter sur certains murs.

L’état de conservation des temples est impressionnant et la qualité des restaurations proche de la perfection. Mais, ce qui est envoûtant, c’est l’abondance. Comme une caverne d’Ali Baba architecturale, chaque temple est plus brillant, mystique et colossal que son voisin. Chaque coup d’œil est un délice. On ne se lasse jamais.

Et puis, il y a la végétation qui vient faire le reste. Partout, les grands fromagers déploient leurs racines. Ici, la Nature se mêle à la Culture, elle s’immisce pour sublimer sans jamais prendre le pas. Les hommes orientent, façonnent, corrigent les trajectoires végétales mais toujours respectent cette symbiose.

D’autres, malheureusement, sont venus briser l’harmonie des lieux. L’ignominie des pilleurs a griffé la perle khmère. Partout, les temples sont défigurés, décharnés, amputés de leurs plus belles figures, salement, au burin. Au début du XXème siècle, beaucoup se sont servis pour s’enrichir. Même le jeune Malraux, futur ministre de la culture, a participé a ces dégradations pour en tirer quelques pièces !

Puis, il y a eu les Khmers rouges et leur volonté d’en finir avec la religion. Ceux-là ont décapité une grande partie des bouddhas puis ont utilisé leurs crânes sacrés pour monter des barricades.

Aujourd’hui, les temples sont gardés mais les pilleurs-collectionneurs armés de gros billets ont les atouts dissuasifs pour corrompre les gardiens payés au lance-pierres…

 

            Il y a tant de choses à découvrir à Angkor qu’une vie ne serait pas suffisante. Alors décrire quelques bas reliefs et livrer au hasard des noms de temples, qui par ailleurs sont imprononçables, n’aurait aucun sens. L’ambiance générale des lieux écrase le détail le plus précieux. A Angkor, on est plongé dans un passé lointain, inconnu, et pourtant si palpable.

Ce doit être ça rêver éveillé…

 

 

 

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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 13:32

Cliquez sur la photo pour accéder au site Flickr et visualiser l'ensemble des photos de notre visite des temples d'Angkor.
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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 15:20

    L’enthousiasme suscité par nos premiers pas sur la côte cambodgienne nous a menés au cœur de la campagne khmère dans la province de Kratie, au Nord Est du Cambodge. Cette petite bourgade pleine de charme ne se trouve qu’à quelques centaines de kilomètres de Phnom Penh, la capitale, et pourtant il y flotte comme un air de bout du monde.

La terrasse de notre chambre surplombait le centre névralgique de la ville, le marché. De l’aube au crépuscule, il est le point de rendez-vous des citadins comme des paysans de la province. A la nuit tombée, l’activité se déplace sur la rive Est du fleuve Mékong. Là, sous la lumière des lampions, de petites échoppes proposent des plats uniques et surtout le fameux teukolok, le jus de fruit local.

Même si l’originalité et l’ambiance envoûtante de la belle Kratie justifient à elles seules le déplacement, l’objectif de notre séjour dans ces contrées isolées était de quitter la ville au plus vite pour nous enfoncer dans la campagne cambodgienne espérant entrer en contact avec ses habitants.

 

    Longeant du Nord au Sud le grand Mékong, en motorbike puis à vélo, nous étions les spectateurs d’une vie rurale partagée entre la pêche et les travaux agraires. Qu’ils soient pêcheurs ou agriculteurs, ils vivent tous dans les mêmes cabanes en bois. Il ne s’agit pas d’une particularité régionale, on trouve ce type d’habitat dans toutes les campagnes du pays. Entre les pilotis, à l’ombre des maisons, les paysans khmers trouvent la fraîcheur à l’heure de la sieste. Même les cochons viennent y piquer un somme.

 

    Difficile de raconter en détail nos nombreuses rencontres sur la route.

Même si parfois elles n’ont duré qu’un instant, elles étaient si touchantes que nous les garderons longtemps en mémoire. Le jeune chasseur de serpents fier de sa prise, les petites écolières en uniforme sur leurs bicyclettes trop grandes, le skateboarder des champs sur son bout de bois à roulettes ou encore les deux gamins aux lance-pierres débusquant les oiseaux des arbres. Ils ont tous posé fièrement devant notre objectif. Là où la langue était impuissante pour communiquer, leurs sourires ont pris toute leur importance.

D’autres rencontres, plus approfondies, nous laisseront des souvenirs impérissables. Par exemple, ce professeur de Français qui nous a abrités pendant un orage. Même si ses élèves nous parlaient plus volontiers en Anglais, il restait convaincu de l’importance de notre belle langue dans les échanges internationaux. Ca nous a fait plaisir, mais il a eu du mal à nous convaincre!

 

    A ce niveau du Mékong, nous avons pu approcher d‘autres habitants du fleuve, les dauphins de l‘Irrawaddy. Aujourd’hui, on n’y compte plus qu’une dizaine de représentants de cette espèce. Fort heureusement, une prise de conscience tardive a motivé le lancement d’un plan de sauvegarde afin d’assurer leur survie.

Même si la végétation de la région n’est pas exubérante, il émane de ce lieu une atmosphère singulière. Celle-ci est particulièrement captivante en fin de journée. Quand les lumières ocres du soleil couchant se reflètent à la surface du Mékong, elles subliment les paysages aux alentours.

 

    Jouer les explorateurs sur une moto et s’aventurer en terre inconnue, ça a quelque chose de magique, de grisant. Par contre, crever sur un chemin de terre en plein cagnard à une dizaine de kilomètres de sa base, sans téléphone portable, ça a quelque chose de stressant…

Heureusement, nous avons trouvé rapidement de l’aide auprès des habitants amusés par notre « galère ». Au bord de la route, un mécano du dimanche assisté par une dizaine d’enfants intrigués s’est mis à l’œuvre. Avec ses outils de fortune, il a mis plus d’une heure à coller puis décoller des rustines bon marché. Lorsque nous avons quitté notre sauveur, il nous a garanti une réparation sans faille. Alors, le cœur léger, nous avons roulé sans nous presser. Plusieurs fois même, nous nous sommes arrêtés pour immortaliser des scènes de vie de bord de route. Ah, les deux insouciants ! A peine quelques kilomètres avalés et déjà à plat .Une bonne distance nous séparait encore de notre but. Résignés, nous avons repris la route à pied.

 Pousser une moto sous une pluie battante quand on a prévu de flâner sur les routes ensoleillées de campagne, ça a quelque chose de déroutant, de frustrant... Heureusement, après seulement quelques minutes de découragement, un écolier compatissant nous a indiqué un « vrai » garagiste. Nous étions sauvés!

 

On the road again…

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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 15:18

Cliquez sur la photo pour découvrir nos rencontres sur la route...

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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 16:57

      A Chau Doc, une petite ville vietnamienne située dans le delta du Mékong, quelques agences proposent un forfait de transport permettant de rejoindre la cité balnéaire de Sihanoukville au Cambodge. Bien que l’aventure transfrontalière en solitaires nous tentait, la date d’expiration de nos visas nous a contraints à opter pour la sécurité de cette formule.

 

    Le lendemain à 9h00 un taxi venait nous chercher à l’auberge. Nous commencions à ressusciter grâce à la clim’ de la berline confortable quand le chauffeur s’est arrêté pour nous déposer moins de cinq cents mètres plus loin. Devant un autre hôtel, nous avons attendu quelques minutes avant qu’une camionnette plus rustique nous emmène jusqu’à la gare routière de la ville. Comme très souvent en Asie, le minibus collectif n’a démarré qu’une fois plein à craquer. Pour faire passer le temps, vous avez le choix entre fondre sur les sièges en sky et/ou mijoter dans votre bain de sueur.

Tout au long du trajet un rabatteur accompagne le chauffeur. Il est chargé d’hurler la destination du bus à toutes les intersections pour recruter d’autres sardines. Il s’occupe aussi de la distribution des colis qui sont jetés avec une telle habileté devant les maisons que le bus ne prend pas la peine de s’arrêter. Encore plus surprenant, la télécommunication embarquée fait aussi partie de ses attributions. Pendant le trajet son téléphone a sonné, l’appel nous était destiné!

Au bout du fil, un agent de voyage nous expliquait qu’un véhicule de transfert nous attendrait sur la route avant le terminus …

Au cours du trajet, nous avons croisé plusieurs véhicules accidentés sur le bas côté. C’est étrange, mais ça a fait sourire tout le bus et c’est comme ça depuis la Chine.

 

     Après de longs moments d’attente passive sous une chaleur accablante puis quelques bakchichs douaniers, nous sommes arrivés en début de nuit à Sihanoukville. Douze heures de voyage pour parcourir à peine trois cents kilomètres en changeant sept fois de véhicules ; un record dont on se serait bien passés.

Nos deux semaines sur la côte nous ont permis de nous imprégner en douceur de la culture cambodgienne. A Sihanoukville, les quelques hôtels luxueux qui trônent fièrement sur la mer de Chine ne suffisent pas à masquer le dénuement de la population khmère. D’ailleurs, dès le passage de la frontière la rupture sociale avec le Vietnam est sensible. Dans un paysage désertique à l’infini complètement ravagé par la déforestation, les vaches à bosse squelettiques errent sur les chemins poussiéreux bordant les maisons en bois aux occupants tristement désœuvrés.

Dans la cité balnéaire, certains essayent de reproduire le schéma qui a fait le succès touristique de la Thaïlande et déjà les « bars à filles » occupent en masse le quartier routard. Après quelques jours de baignade et de farniente sur les plages, nous avions besoin de changer d’air.

 

      A cent kilomètres de la côte, la ville de Kampot respire la simplicité. Elle est connue dans tout le pays grâce à son poivre, il est si doux qu’on le déguste en gousses entières. Assister au départ des pécheurs quittant le port de la rivière Stung Sanke au crépuscule est un spectacle apaisant. Et puis, il y a les traces laissées par le protectorat français. Pas uniquement les stigmates d’une architecture coloniale souvent décrépie, mais plutôt un esprit, une philosophie solidement ancrée dans les habitudes des khmers. Certains d’entre eux parlent parfaitement le français et l’utilisation de la langue de Voltaire est une marque de raffinement très respectée.

 

     En quelques jours, nous étions conquis par l’élégance subtile du peuple khmer. Ce pays en reconstruction sur les braises des atrocités perpétrées par les khmers rouges est terriblement attachant. Au Cambodge, la richesse ne se voit pas, elle se devine à travers les sourires de ses habitants. 

 

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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 16:55

Cliquez sur la photo pour ouvrir le diaporama du sud du Cambodge.
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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 15:52

 

    Avant de vous en dire plus sur notre séjour au Cambodge et notamment sur nos visites des temples d’Angkor, voici une petite mise en bouche.

Araignées, sauterelles et cafards sont des friandises très appréciées des cambodgiens, nous ne pouvions pas passer à côté d’une petite dégustation.

Bon appétit bien sûr!

 

NB : pour plus de photos cliquez au centre de la vidéo pour ouvrir le diaporama sur Flickr.

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